L’aïkido est mouvement


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Alors que des pratiquants d'aïkido sportif érigent cette affirmation en caricature, allant même jusqu’à confondre l’aïkido avec un idéal d’esthétisme, il n’est pas acceptable - encore moins concevable - pour le pratiquant d’aïkido traditionnel de réduire cet art au domaine du geste, à plus forte raison du mime robotisé.

L’aïkido n’est ni figé, ni normé, ni binaire. Comme dans tous les arts, tout est symbole ; l'aïkido est mouvement.

Quoi de plus évident à voir l’aïkido en mouvement(s) ? D’un point de vue physique c’est une évidence, la pratique est faite de mouvements corporels : les techniques, la composante concrète et manifestée.

Au-delà de l'aspect physique, des mouvements moins perceptibles de visu et propres à chaque aïkidoka sous-tendent la pratique.

L'application correcte des principes fondamentaux nécessite un changement de comportement. L'étudiant en aïkido doit d'abord désapprendre ses habitudes conditionnées pour pouvoir progresser, la démarche passe par le changement, un mouvement interne. La voie de l'aïkido est mouvement perpétuel, tendant vers l'infini, de réalisation de soi-même (objectif de la voie : DO).

Dans la conception occidentale, les réponses toutes faites (uniformes, uniques) sont rassurantes, nous souhaiterions les avoir une bonne fois pour toute. L'aïkido ne se laisse pas enfermer par les mots ni par les certitudes, d'autant moins qu’il s’agit d’un art issu de la tradition orientale.

Bien sûr, des principes et concepts encadrent cette discipline martiale traditionnelle, comme l'étiquette. Mais là aussi il s’agit de s’approprier ces codes du dojo en leur attribuant un sens, une direction, encore une fois un mouvement. C’est au pratiquant de se forger sa propre opinion, d'éprouver sa capacité de jugement, de mettre en mouvement son esprit.

Certains concepts de la culture orientale diffèrent de notre schéma habituel de pensée, paraissent déstabilisant et déconcertant pour un occidental, mais tellement intéressant dans le fond. Il s’agit même souvent d’un facteur important de motivation à l'origine de la découverte de cette discipline originale (culture orientale, philosophie de la non-violence…), alors pourquoi vouloir faire le contraire à la première occasion et refuser le mouvement de découverte ?

La relation mutuelle de maître à uchi-deshi est personnelle, riche et particulière, elle permet de communiquer entre personnes (gestuel, verbal, technique… plusieurs langages). Par opposition, dans un système fédéral, le pratiquant et le professeur sont en lien avec une fédération, une structure administrative, exactement ce que nous trouvons pesant dans la vie quotidienne, car statique et limitant.

L'aïkido véhicule des repères bien différents et opposés au mode de pensée et au fonctionnement binaire occidental : le principe yin-yang des polarités complémentaires (pas des choix absolus et sans inconvénients) ; le professeur est un pratiquant plus avancé sur la voie, à la fois professeur et élève (pas une place de piédestal dominant tout puissant et savant) ; l'élève est sollicité pour s'impliquer, prendre part à la vie du dojo, chercher et trouver sa place, se perfectionner, commencer à enseigner pour retranscrire son savoir et le faire évoluer encore sous une autre dimension (pas un apprenant et passif voire soumis). Le mouvement, vital, est omniprésent en aïkido.


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